Florence Tantin

Auteur/autrice : ftantin

  • De l’expérience à la transmission

    Très tôt, on t’a appris à accumuler les connaissances, des méthodes, des outils.
    L’éducation, les formations, l’attention portée aux attentes et évaluations des autres ont façonné les débuts du parcours.
    Non Pour obéir aveuglément, mais pour comprendre le cadre, en maîtriser les règles et chercher —déjà —à les faire évoluer.

    car la créativité était là.
    L’envie d’adapter, de moderniser, d’inventer autrement aussi.
    mais elle devait rester discrète, mesurée, compatible avec le norme, voir récupérée par la hiérarchie, au risque sinon, d’être rappelée à l’ordre parfois durement.

    Et puis vient ce moment où l’on comprend que l’accumulation ne suffit plus, car plusieurs lignes de force se croisent:

    D’abord, l’accumulation a fait son oeuvre.
    Les codes, les cadres, les jeux de pouvoir, les attentes implicites sont maitrisés. Ajouter une formation de plus, une méthode de plus, n’élargit plus vraiment le regard.

    C’est une saturation féconde

    Ensuite, l’énergie change de direction.
    Au début, l’énergie va vers l’extérieur: prouver, construire, réussir, tenir, transformer. Puis elle commence à se déplacer vers l’intérieur: comprendre, relier, choisir ce qui fait sens.

    Ce déplacement — biologique, psychologique, existentiel— ne se décrète pas. il s’impose

    Enfin, le coût devient trop visible.
    Créer, adapter, innover « sans bruit », sans compter son temps, accepter l’absence de reconnaissance, tout cela a un prix.
    Quand on est jeune, on l’accepte sans toujours le mesurer.
    un jour, le corps, l’émotionnel ou la quête de justesse disent: continuer ainsi n’est plus possible.

    C’est une mise en cohérence

    👁️ La transmission devient ainsi plus urgente que la démonstration.

    A un certain stade, il n’y a plus rien à prouver. Mais il y a beaucoup à partager — pour éviter que d’autres ne paient le même prix inutilement.

    C’est souvent, là que naissent le mentorat, l’écriture, la parole publique.

    Mais transmettre, ce n’est pas pour autant raconter son parcours.
    chaque parcours est singulier; il est le fruit d’une époque, d’un contexte, de choix, parfois de hasards. Le raconter peut inspirer, mais il n’éclaire pas toujours le chemin de l’autre.

    Ce qui compte vraiment c’est l’expérience vécue:
    les décisions prises dans l’incertitude, parfois,
    Les responsabilités assumées parfois trop tard ou trop tôt,
    les erreurs qui obligent à s’arrêter et à recommencer autrement.
    Cette part invisible du chemin que les méthodes ne racontent jamais.

    Mais ce sont aussi des réussites.
    Des projets qui aboutissent,
    Des moments de joie, de fierté,

    Ces instants où l’on comprend que cela avait du sens sans prendre le temps de s’arrêter par trop de modestie ou parce qu’il faut déjà passer à la suite.

    Avec le temps, l’expérience ne donne pas de recettes.
    Elle apporte du discernement.
    Elle apprend à écouter autrement et à s’écouter aussi.

    ce qui s’impose, alors, ce n’est pas un savoir supplémentaire à acquérir ni le fait de dire comment faire. Ce n’est pas non plus renoncer à l’expertise. Au contraire.
    L’expertise prend tout son sens, lorsqu’elle est traversée par l’expérience, lorsqu’elle est confrontée au réel, aux contraintes, aux arbitrages, aux zones d’incertitude. Ce qui se transmet alors, ce ne sont pas seulement des savoirs ou méthodes, mais une manière de les mobiliser avec discernement.

    c’est une autre manière d’être en relation:

    Partager un regard, une posture, une manière d’habiter la complexité,
    Prendre le temps de nommer ce qui a compté. Apprendre à mieux se connaître, être honnête avec soi-même.

    C ‘est ouvrir un espace où chacun peut comprendre ce qu’il a à faire, à partir de ce qu’il est .

    Cette transmission peut prendre plusieurs formes:

    Dans le mentorat, ce peut être à travers un échange qui permet de comprendre que l’on n’est pas à contre-courant, mais simplement à un moment de bascule
    ou bien que prendre le temps de réfléchir, est parfois une décision en soi.

    Dans l’écriture, en mettant des mots sur des situations complexes, en partageant les analyses et des expériences qui permettent de penser autrement l’action.

    Dans la parole publique, en apportant des éclairages, des mises en perspective et en ouvrant des espaces de réflexion collective.

    C’est dans cet esprit que ce blog prend place.

    Les textes qui suivront prolongeront cette démarche de transmission, à travers des réflexions, des récits, des prises de parole.

    🌱 Le reste vous appartient, chers lecteurs…